La pollution de l’air, responsable de 70% des décès dans le monde.

Pollution

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Vue aérienne montrant un tour d’épuration de l’air dans la ville de Xian, en Chine, le 13 février.

Selon un bilan publié par l’OMS le 2 mai 2018 , neuf habitants sur dix respirent quotidiennement un air trop chargé en particules fines.

Chaque année, 7 millions de personnes meurent dans le monde parce qu’elles respirent un air trop chargé en particules fines.  C’est davantage que les morts cumulés du sida (1,1 million), de la tuberculose (1,4 million), du diabète (1,6 million) et des accidents de la route (1,3 million).

L’OMS reconnaît désormais la pollution de l’air comme un « facteur de risque majeur » des maladies non transmissibles considérées comme étant à l’origine de 70 % des décès dans le monde. Ce risque serait, chez les adultes, en cause dans 29 % des morts par cancer du poumon, 25 % par accident vasculaire cérébral (AVC), 24 % par infarctus et 43 % des maladies pulmonaires chroniques obstructives ( bronchopneumopathies , asthme…).

Ce risque s’accroît et l’estimation globale de 7 millions de morts est en légère hausse. Les régions les plus affectées sont l’Asie du sud-est (dont l’Inde) et le Pacifique occidental (incluant la Chine) avec plus de 2 millions de décès chacune.

Selon les dernières données compilées par l’OMS, 91 % de la population mondiale est exposée quotidiennement à un air contenant de « hauts niveaux de polluants ». L’organisation recommande la limite annuelle de 10 µg/m³ en particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètres.

L’Afrique totalise près de 1 million de victimes. Les pays de l’arc méditerranéen oriental concentrent autant de morts que le continent européen : environ 500 000. Les Amériques s’en sortent le moins mal, avec plus de 300 000 morts par an.

Dans ce panorama aussi alarmant que détaillé, l’OMS note que les premières victimes sont les enfants. La pneumonie est la principale cause de mortalité chez les moins de 5 ans. L’institution insiste aussi sur la vulnérabilité des femmes qui cuisinent encore avec des équipements d’un autre âge, comme des fours à charbon.

L’étude a été effectué sur  4 300 villes de 108 pays. Avec un « sérieux manque de données » pour le continent africain, où seuls 8 des 47 pays surveillent les niveaux de particules fines.

L’organisation salue les efforts de la Chine – le gouvernement a décrété cet hiver la fin du chauffage au charbon – ou d’une ville comme Mexico qui, sur le modèle de Paris, a annoncé l’interdiction des véhicules diesel d’ici à 2025.

En Europe la Commission s’est enfin décidée à mettre la pression sur les États qui ne respectent pas sa directive de 2008 sur la qualité de l’air et qui dépassent régulièrement les valeurs limites en PM10 (de diamètre inférieur à 10 µm) et dioxyde d’azote (NO2).

Mais d’autres régions du monde n’ont pas encore pris la mesure de l’urgence. En Inde, New Delhi a encore connu en novembre 2017 des pics de pollution culminant à 1 000 µg/m³, le ministre de l’environnement continuait à nier la réalité de leurs effets sanitaires (plus de 1 million de morts par an à l’échelle du pays).

Ce bilan macabre nous permet d’observer d’une part, certaines améliorations dans des pays pourtant réputés pour être les plus grands pollueurs au monde et d’autre part, l’absence de plan d’action dans des pays qui n’ont d’autres moyens que d’utiliser des énergies fossiles.

Rédigée par Anaïs Lopez